Je dors, mais mon cœur veille." La tente est dressée, ses pans
Je dors, mais mon cœur veille."
La tente est dressée, ses pans se déploient, une fleur de néon sur l’autel de l’été.
Ses couleurs, jaune de soufre et blanc d’ivoire, hurlent sous le bleu d’acier d’un ciel sans nuages.
Un cri d’oiseau se déchire, mais ici, tout est silencieux.
Pâle silhouette égarée, je suis là, un fantôme de chair sur l’herbe d’émeraude,
entre les bois sombres qui nous épient et le dôme synthétique de mes rêves.
C’est un refuge. C’est une cage.
Le monde est trop grand, et ici, entre ces murs de toile, je cherche la paix.
Mais même ici, l’ombre grandit, tisse ses toiles invisibles.
Je dors, mais mon cœur veille.
J’attends, sans savoir quoi.
Un vent de l’ailleurs se lève,
emportant avec lui le parfum des aiguilles de pin et la promesse d’une autre vie.
Et pourtant, je reste.
Je dors, mais mon cœur veille,
prisonnier de ma propre tente,
un rêveur de néon dans un monde de silence.